Un regard en arrière

Rapport annuel de 1945

Messieurs les officiers, Mes chers camarades,

J'ai l'honneur de vous rendre compte, dans le rapport qui suit, de l'année associative qui vient de s'écouler. C'est la première fois que j'ai le plaisir de présider une assemblée des délégués de la SSTS, afin de discuter avec vous de ce qui a été bien fait au cours de l'année écoulée ou - ce qui est peut-être encore plus important - des erreurs que nous avons commises.

Permettez-moi de commencer par quelques brèves remarques générales sur l'année 1945. Après une lutte acharnée de près de six ans, les armées allemandes restantes ont capitulé le 7 mai 1945, et le 8 mai, les Alliés ont célébré la victoire acquise au prix de nombreuses souffrances et d'horreurs. La population de notre chère patrie avait elle aussi célébré ce jour avec solennité et respirait à nouveau avec joie, libérée d'un lourd cauchemar.

A cette occasion, il convient d'adresser un mot de remerciement à notre direction de l'armée et à nos autorités nationales. Elles ont su nous guider avec bonheur à travers toutes les épreuves de ces longues années de guerre. Si notre armée est sortie indemne de cette longue période d'activité, c'est grâce au grand mérite de notre général Henri Guisan. Nous ne laisserons pas porter atteinte à l'honneur de notre armée quelques incorrections qui ont été commises et qui doivent être sanctionnées aujourd'hui.

Suite à l'avancée rapide des armées alliées le long de la frontière suisse jusqu'au Vorarlberg, des milliers de réfugiés demandèrent à entrer dans la Suisse hospitalière. Ces passages ont donné un très gros travail à notre service sanitaire de frontière et à nos troupes de frontière. Outre de nombreuses organisations bénévoles, différentes sections de notre fédération se sont mises à leur disposition.

Il a fallu établir en toute hâte de grands centres d'accueil dans lesquels les réfugiés étaient soumis à un contrôle médical précis. En outre, nos détachements d'hygiène ont été mis à contribution pour nettoyer tous les réfugiés et désinfecter tous leurs effets personnels.

Le 20 août 1945, notre général a annoncé la fin du service actif. Il a fait ses adieux à l'armée à l'occasion d'un imposant défilé de tous les drapeaux et étendards de l'armée. Presque au même moment, le Japon, dernier partenaire de l'Axe encore en lice, se rendait lui aussi, et le cessez-le-feu régnait sur toute la planète.

Bien que le cessez-le-feu ait été instauré sur tous les théâtres d'opérations, nous sommes encore loin d'une véritable paix. Puissent les instances dirigeantes réussir à construire une paix qui dure et dans laquelle chaque peuple puisse se sentir à l'aise. Pour notre patrie, la question se posera dans un avenir proche de savoir si elle veut adhérer à la nouvelle organisation des peuples ? La question de la neutralité devra être abordée à cette occasion. Nous espérons certainement que notre neutralité absolue ne sera pas modifiée. Car elle seule, ainsi que la volonté de défense de notre peuple, qui n'a jamais été mise en doute pendant toute la durée de la guerre, ont permis de nous tenir à l'écart de cette formidable lutte.

Après ces brèves considérations introductives, je vais essayer de vous donner une image de l'activité de la SSTS en 1945. Veuillez noter que jusqu'à l'AD de Brugg, d'autres camarades tenaient le gouvernail de notre fédération.

Comité central :

Le nouveau Comité central, élu lors de l'AD de Brugg le 1er juillet 1945, est entré en fonction le 21 juillet 1945. La passation de pouvoir, organisée par l'ancien Comité central sous l'impulsion de son président Four. Albert Binzegger, a mis en évidence un ordre exemplaire dans tous les dossiers.

A la date de la passation de pouvoir, la fortune, y compris les subventions courantes, s'élevait à environ 14'500 francs.

L'accord avec la Croix-Rouge suisse a pu être réglé par l'ancien CC, tandis que les affaires suivantes non réglées ont été transférées au nouveau CC.